De la Baronnie des Angles d'autrefois aux territoires vécus d'aujourd'hui et de demain 

La Baronnie des Angles est une ancienne seigneurie  de Bigorre qui couvrait un territoire correspondant aux actuelles communautés de communes de la Baronnie des Angles et de la Croix Blanche, avec Escoubès en  moins.  Comme telle elle constitue aujourd'hui une entité historique particulière au sein du Pays de Lourdes.

Une des neuf Baronnies du Comté de Bigorre

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Selon Jean Bourdette,  l'historien du Lavedan  auteur en 1908 d'un  livre consacré aux barons des Angles, " le Fief des Angles ayant titre de Baronnie est au nombre des plus anciennes de Bigorre, contemporaine de l'érection du Comté même ",  au Xème siècle. L 'Enquête de Bigorre, réalisée en 1300, énumère les " Barons anciens et primitifs de Bigorre " au nombre de neuf, dans l'ordre qui suit : 1° le Baron Vicomte de Lavedan, 2° le Baron de Barbazan, 3° le Baron de Bénac, 4° le Baron de Bazillac,  5° le Baron des Angles, 6° le Baron de Castelbajac  7°le Baron d'Antin, 8° Le Baron d'Esparros, 9° Le Baron Vicomte d'Asté.
Certaines de ces baronnies ont connu une ascension dans l'échelle nobiliaire due au fait que les familles fondatrices s'y sont maintenues longtemps et que leur élévation fut aussi celle de leur seigneurie. Ainsi, avec le temps, les barons de Bénac et de Castelbajac devinrent marquis, celui d'Antin duc et pair. Tel ne fut pas le cas pour la Baronnie des Angles. La famille des Angles occupa la Baronnie, des origines, avec Oudou 1er, le plus ancien baron des Angles connu, jusqu'à Tibaout, le dernier d'entre eux, qui la vendit vers 1310, au Comte d'Armagnac, Bernat IV.  La baronnie des Angles et le titre de Baron des Angles passèrent par la suite dans différentes familles successives étrangères à la Bigorre jusqu'à l'abolition du régime seigneurial en 1789.

L'archidiaconé et l'archiprêtré des Angles

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Les Angles était sous l'Ancien Régime le siège de l'un des huit archidiaconés de Bigorre. Il comprenait quatre archiprêtrés : Les Angles, Adé, Ibos et Pontacq, regroupant chacun un ensemble de paroisses, 13 dans le cas de l'archiprêtré des Angles, auxquelles étaient rattachées des annexes comme Artigues qui était l'annexe de Sère, Bourréac celle des Angles,  Jarret celle d' Ayné,  Lanso celle d' Arcizac, Louzourm celle de Léret, Ossun-ez-Angles celle de Neuilh.

La Révolution emporta l'écheveau complexe des territoires de l'Ancien Régime.  Après la création des départements et des cantons dont celui de Lourdes (partagé en 1973)  d'autres transformations survinrent,  comme des fusions communales,  mais la Baronnie des Angles cessa d'exister en tant que seigneurie et archiprêtré, après huit siècles d'existence, pour ne plus constituer qu'une entité historique et géographique telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Les villages de la Baronnie des Angles, aujourd'hui


La Baronnie des Angles historique s'étend sur toute la partie supérieure du bassin de l'Echez.  Elle comprend quatre villages sur le versant droit : Arrodets-ez-Angles, Ossun-ez-Angles, Gez-ez-Angles, Arrayou-Lahitte,  qui se sont groupés pour former la Communauté de communes de la Croix Blanche. Elle compte sept autres villages soit en plaine ou vallée (Les Angles, Arcizac-ez-Angles, Lézignan), soit sur les coteaux dominant la plaine au nord (Bourréac et son hameau Récahorts, ainsi que Pouts, hameau d'Escoubès-Pouts), soit sur les contreforts montagneux la dominant au sud, Artigues avec son hameau de Craste, Jarret et ses hameaux d'Ayné, Leret et Louzourm, et Sère -Lanso., ces sept villages plus Escoubès-Pouts forment  la Communauté de communes de la Baronnie des Angles.

Territoires vécus : communes, communautés de communes, syndicats intercommunaux, cantons, pays….


L'évocation historique qui a été faite permet de saisir le caractère changeant du territoire tel qu'il a été vécu par ceux qui nous ont précédés, en fonction de l'état de la société et des modes de vie à différentes époques.  Au-delà de ces changements, il demeure la permanence de territoire vécu : c'est  le territoire réel, celui qui est le résultat des conditions de la vie ordinaire à une époque donnée.
Les principaux critères utilisés pour mesurer ces territoires vécus et en tracer les contours sont en effet ceux de la vie quotidienne : l'emploi, les services, la vie scolaire, la clientèle, les déplacements…

Les communes se sont imposées et sont appelées à durer en tant  que lieux de vie, de voisinage et de sociabilité et donc aussi en tant qu'outils de gestion et de projet local. Une communauté de communes comme la nôtre fonde sa légitimité sur des projets de même nature susceptibles de rencontrer un engagement citoyen comme peut le faire l'Ecole. Mais l'empilement sur un même territoire de ces multiples structures administratives et de gestion  que sont les EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) n'est pas sans créer un manque évident de lisibilité pour le citoyen, qu'il s'agisse des communautés de communes ou des multiples syndicats intercommunaux.
La prise de conscience par chacun de son vécu quotidien montre la dimension plus vaste du territoire  dans lequel cette vie se déroule et auquel  le périmètre des  activités  et services des collectivités devra  un jour correspondre : ce territoire est encore en devenir, il reste donc en projet, même si pour nous il apparaît  comme étant au moins le Pays de Lourdes. On peut penser que l'économie de moyens qui s'impose aujourd'hui  à tous les niveaux ira aussi dans ce sens.

Roland Darré
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      Carte Cassini de la Baronnie des Angles (1800)

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Arcizac ez Angles, Lézignan, Lourdes : continuité et proximité